« God bless all the students » dit ma grand’mère !

En renchérissant abusivement les droits d’inscription et autres frais de scolarité les gouvernants interrompent délibérément l’espoir d’un avenir meilleur aux enfants méritants de familles modestes.
Ils privent la Société de compétences et de talents.
Ils génèrent des rancœurs et un sentiment de révolte, favorisant ainsi des troubles sociaux.
Ils brisent le lien social et la cohésion de la Nation.
Ils ne sont pas dignes de notre confiance ni de notre soutien.

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Réquisitions : abus de langage et abus de droit ?

On entend beaucoup parler de la réquisition de personnels d’entreprises à l’occasion des manifestations contre la réforme des retraites depuis les blocages de dépôts ou de raffineries de pétrole.

La difficulté est de savoir si ce genre de réquisition par lettre personnelle, sous peines d’emprisonnement en cas de refus d’obtempérer, est légale …ou non !

Dans un premier temps, Je me permets un rappel des textes par ordre chronologique de promulgation.

Que l’on soit dans le secteur privé ou celui du public, le droit de grève est reconnu dans le préambule de la constitution dès 1946. Les agents publics doivent cependant déposer un préavis de 5 jours depuis la loi du 27 juillet 1963, votée après des grèves dures de mineurs et de gaziers, cette année là.

Cependant, dans la fonction publique, il existe d’autres aménagements justifiés par la nécessité de la continuité du service.

Le premier aménagement a été la loi du 11 juillet 1938 ( abrogée en 2007) sur l’organisation de la nation en temps de guerre et de l’article 4 de l’ordonnance du 7 janvier 1959 (pour le détail charger le pdf et lire les articles 1 et 4… texte abrogé en 2007) portant organisation générale de la défense. Il s’agit alors de réquisitionner, dans une décision motivée, les personnels civils (de l’Etat) nécessaires.

Dans la loi de 1938, il n’était prévu que des peines correctionnelles.

Le deuxième aménagement relève d’une sorte de « service minimum » avec la désignation de personnel pour rester à leur poste en cas de grève.

En pratique, l’autorité administrative (ministres, chefs de service, exécutif territorial direction d’état public, ou tutelle des établissement) peut prendre des mesures sous forme de circulaires ou de décisions précisant quels sont les personnels qui doivent rester à leur poste en cas de grève. Il ne peut s’agir que des personnels d’autorité et des personnels, quel que soit leur niveau hiérarchique, indispensables à l’action gouvernementale, à la garantie de la sécurité des personnes ou à la conservation des installations et du matériel.

Mais ces mesures ne peuvent pas avoir un caractère généra1. Et elles restent sous le contrôle du juge administratif.

Nous devons cet aménagement à la seule interprétation du Conseil d’Etat dans un arrêt rendu en assemblée, publié dans le GAJA (Grands Arrêts de la Jurisprudence Administrative dit « Recueil Lebon »), en date du 7 juillet 1950 connu sous le nom d’ « Arrêt Dehaene ».

Dans cet arrêt, un chef de bureau dans une préfecture, avait participé à un mouvement de grève à laquelle le ministre de l’intérieur avait interdit aux agents d’autorité de participer. Puisqu’il n’y avait pas de texte spécifique pour refuser l’exercice de la grève par ce type de personnel, monsieur Dehaene avait agit en annulation pour les sanctions prises à son encontre par son supérieur hiérarchique. Le Conseil d’Etat avait rejeté sa demande au motif de la nécessité de garantir la continuité du service public en dépit du droit de grève.

Que reste-t-il donc à la Nation pour faire face à l’abrogation de ces textes : le Code de la Défense !

Maintenant, procédons à un rappel des faits :

Le 22 octobre 2010, la raffinerie de Grandpuits est réquisitionnée par la préfecture pour alimenter les stations Total.

Cette intervention survient après les déclarations de Nicolas Sarkozy, en Conseil des ministres mercredi matin. Le chef de l’Etat avait ordonné le déblocage de la totalité des dépôts de carburants, pour tenter de rétablir l’approvisionnement des stations-service.

Le préfet de Seine-et-Marne, en compagnie de certains de ses collaborateurs, « est venu lui-même donner les réquisitions au personnel dans le but d’alimenter les stations-service et tous les clients de Total, tout ça sous prétexte d’un code Défense« , s’est insurgé le responsable syndical.

Après un recours en annulation de l’arrêté de réquisition de la raffinerie et de son personnel, le TA de Melun a rendu le jour même sa décision :

Le tribunal a considéré que l’arrêté préfectoral « a porté une atteinte grave et manifestement illégale au droit de grève et que son exécution à ce titre doit être suspendue ». Le juge des référés a également ordonné le paiement d’une somme de 1.000 euros aux requérants.

Le juge reproche au préfet de Seine-et-Marne, d’avoir réquisitionné « la quasi-totalité du personnel de la raffinerie », ce qui « a eu pour effet d’instaurer un service normal » au sein de l’entreprise.

Toutefois, il a estimé que « cette décision ne fait pas obstacle à ce que le préfet puisse, le cas échéant, faire usage » de ses pouvoirs, dans les limites prévue par la loi.

Le soir même, le préfet rédigeait un nouvel ordre de réquisition, plus conforme au souhait de la juridiction administrative.

A Nantes, par contre, le tribunal administratif saisit le même jour d’un recours identique rejetait la demande d’annulation au motif que la réquisition de 4 personnes ne représentait pas l’ensemble du personnel ce qui ne remettait pas en cause l’exercice du droit de grève.

Tous les recours sont basés sur le droit de grève alors qu’il faudrait envisager un recours en abus de droit par l’usage intempestif du code de la Défense !

Seul le syndicaliste de Grandpuits l’a relevé parce que le texte de réquisition y fait référence dans sa motivation.

C’est sans doute un nouvel épisode de jurisprudence qui s’ouvre du fait de la « nouveauté » des textes. Tout est à reformuler, me semble-t-il, alors qu’en parcourant la toile, certains auteurs se réfèrent encore à la loi de 1938 et autres textes désormais abrogés pour cause de codification.

En consultant le sommaire dudit Code et ses divers articles je ne trouve en aucun cas de référence au problème en période de paix. L’intitulé du code n’est pas anodin …

Les juges pourraient-ils aménager et étendre la compétence des textes dans une optique historique « proche » de celle de 1963 avec les Houillères, les Charbonnages et les gaziers qui à cette époque relevaient de l’Etat ?

Total est une entreprise privée, son personnel relève du droit privé, les stations services sont des magasins, pas des services publics.

Il me semble plus opportun de se rappeler qu’une grève est un mouvement de contestation légalement reconnu. En l’espèce, les grévistes ne réclament que de nouvelles négociations pour une réforme dont ils ne contestent que le contenu actuel.

Puisqu’une « réquisition » (Peine de 6 mois de prison et /ou 10 000€ d’amende en cas de refus de s’y soumettre…) se doit d’être motivée, de quels articles du Code de la Défense se prévaut-elle ?

Pour évoquer une autre base de raisonnement, il existe en temps de paix, l’article L2215-1 du code général des collectivités territoriales, organisant le pouvoir de police du Préfet en cas de menace sur l’ordre public, la sécurité publique et la salubrité.

En l’espèce, la salubrité est hors de propos.

La sécurité publique est effectivement compromise si la police, les urgentistes (pompiers, ambulances…), l’armée sont privés de véhicules, faute d’essence.

Le préfet de Melun, lui, s’est fait fort de réapprovisionner les stations services pour tout le monde … La juridiction le lui a reprocher.

J’ajouterais en aparté que l’approvisionnement en provenance de l’étranger est une sorte de « lock-out » à l’envers puisqu’il s’agit de forcer l’approvisionnement et rendre « invisible et indolore » le piquet de grève.

L‘ordre public, à défaut de définition textuelle, vient à manquer dès que l’état de droit n’existe plus. Il disparaît dès que la population ne se sent plus en sécurité dans la rue, craint pour sa personne et ses biens à chacune de ses sorties.

Or, il est à observer que depuis les blocages de dépôts et raffineries, nous ne relevons aucune hostilité envers les grévistes (il y a même des caisses de secours qui se mettent en place !), aucune attaque de station service par une foule en manque d’essence, aucun événement gravissime pour cause de file d’attente mal contenue sur la chaussée publique …

Avec cet épisode, nous voyons se restreindre l’exercice du droit de grève et s’étendre le champ de la réquisition, hors le cadre de la menace militaire, comme le réorganise désormais le Code de la Défense et hors les contraintes du pouvoir de police du Préfet.

Il m’apparait que se pose un réel problème de fondement juridique de cette « réquisition » .

Mamouchka.

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La Bourse, les dark-pools et les bonus cappés : Casino Royal !

La planète financière n’a de cesse de me surprendre !

Je reviens d’une réunion d’investisseurs qui m’ont éclairés sur trois petites choses qui sauront mettre à mal notre économie réelle pour quelques temps encore …

Tout d’abord, sur les emprunts « toxiques », avec leurs taux variables, constitués comme des mille-feuilles au point d’être appelés « dettes structurées ».

Après avoir provoqué la ruine de nombreuses collectivités territoriales, ajouté une page dans l’histoire de la jurisprudence administrative, accéléré la restructuration de la branche belge d’une banque attachée aux seule collectivités, voici que ces produits redeviennent sages et presque bénéfiques pour les finances publiques.

Et comment cela se peut-il ? Parce que les taux sont détendus à l’extrême, parce que l’argent recommence à circulé à flot mais que trop rares sont ceux qui désirent s’endetter, d’autant que la réforme des collectivités est en cours de discussion …

De fait, je n’entendais plus parler de « swap » avec ou sans pénalité, dans les actes de gestion de la territoriale ! Les taux sont même redevenus tellement avantageux que des grincheux se demandent aujourd’hui pourquoi un tel bruit a été fait à l’époque, voire s’il ne faudrait pas revenir sur les re-négociations pour des taux fixés entre 4 et 6 pour cent, sur 20 ou 30 ans.

Une relecture de la presse à l’époque leur serait des plus salutaire.

Ensuite, le thème des « dark-pool » a été abordé. Ce nom est apparu dans la littérature financière de vulgarisation en même temps que la crise des subprimes. La commission ECON du parlement européen a dû se pencher sur le sujet durant les travaux de régulation des marchés financiers mais je n’ai pas de détails quant aux résultats sur ce point.

Toujours est-il que de nombreuses places financières en rêvent ou y ont succombé.

Quel est l’enjeu ?

La Bourse, en tant qu’institution, permet de lever des fonds pour le compte d’entreprises cherchant à se développer, investir sans passer par une banque, aux ressources moindre (c’était vrai du temps des banques familiales, au 19èm siècle). Cela s’adresse aux investisseurs privés (les petits porteurs) ou institutionnels (les fameux « Zinzins », banques d’affaires, assureurs, fonds divers, à ne pas confondre avec la mamie homonyme d’une chaine cryptée).

Seulement voilà, la Bourse c’est bien, mais c’est ouvert au « tout venant » ! Cela devient vulgaire, l’entre-soi n’y est plus. Donc, certains (Anglo-saxons, rois de la finance, adorateurs de la courbe mathématique, âpres aux gains pour alimenter leurs fonds de pension ou autres) ont inventé les « dark-pool ».

Il s’agit de marchés réservé aux amis, à l’entregens où, grâce à un tuyau (à ne pas confondre à un « initié », quoique …) et des ordinateurs, il est possible de lancer des transactions en grands volumes à quelques nanosecondes avant tout le monde ( le « vulgus pecum ») et gagner plus vite « le milliard » qui fera de vous le nouveau « trader » de l’année.

Mais surtout, la discussion du jour tournait autour des « bonus cappés ».

J’avoue avoir dû me faire expliqué par trois fois le système avant d’en comprendre le fonctionnement.

Je reconnais aussi que l’existence de ce produit appelle à la plus grande réserve pour les investisseurs. Par contre, pour l’entreprise, c’est préférable à l’émission d’actions susceptible de modifier la composition de sa direction …

Techniquement, le « bonus cappé » apparaît dans les brochures d’information dans le même chapitre que les « warrants » tout en relevant, de par sa nature, du régime des obligations.

Traditionnellement, une obligation consiste en un emprunt émis par une société commerciale auprès du public pour un montant et un taux de rémunération connu. Le titre obligataire est négociable sur la place boursière.

Avec le « bonus cappé » le remboursement est calculé selon une formule mathématique. Son montant est donc variable. De plus, ce « papier » est émis par un établissement financier ou une banque. Par ailleurs, la référence à une société cotée ou à un indice (appelé le « sous-jacent ») est un aspect du caractère volatile et spéculatif du produit financier.

La banque émet donc un titre avec un sous-jacent dont on suppose qu’il verra sa cote osciller pour une période donnée entre un plancher et un plafond. Plancher et plafond sont les caps (c’est à dire les bornes, les limites).

Si vous achetez ce produit sur le marché ou lors de son émission, produit lui-même coté, et que vous le conservez jusqu’à son échéance, pour connaître le montant à vous rembourser la banque émettrice regardera si sur la période la limite plancher (fixé d’avance) a été franchie.

Si la limite haute a été dépassée, vous ne recevrez que le montant plafond. C’est votre bonus, ni plus, ni moins.

Si le plancher a cédé durant la période, vous perdez votre « bonus », vous recevrez la valeur du sous-jacent au jour de la liquidation, quelque soit sa valeur … Votre rémunération n’est donc absolument pas garantie. Elle peut être miraculeusement bonne ou catastrophiquement déficitaire par rapport à l’achat du papier d’origine !

Plus vous le conservez, le jour du terme se rapprochant, plus vous jouez à la roulette russe ! Donc, toute la subtilité de la chose, la beauté du geste, le grand art du financier qui prend ce type de « papier » est de l’avoir revendu, avec profit, avant sa liquidation.

Si vous avez parfaitement compris ce que je viens de vous expliquer, vous avez le droit de corser l’affaire avec le « bonus reverse cappé ». Là, comme son nom l’indique, c’est lorsque le plafond est crevé que se trouve l’aléa du revenu alors qu’à la limite du plancher, vous devez vous contenter de votre « bonus » …

Je vous avais averti, les financiers sont des êtres extraordinaires qui parient sur des entreprises produisant de vraies choses, avec de vrais gens risquant à ce « petit jeu-là », leur avenir professionnel, leur maison, leur retraite, leur famille.

La création de la Bourse, formidable marché d’argent frais pour les entreprises dynamiques ou innovantes devient un « lieu sulfureux », selon la rhétorique du 19 ème siècle.

Rome, en son temps connu une telle « inventivité » financière. Elle apporta un terrible chaos à l’occasion d’une crise économique et climatique. Face aux troubles sociaux et politiques, la réponse du Pouvoir fut radicale (il faut croire qu’à l’époque il en avait encore les moyens) : la disparition de la Bourse, entrainant dans sa chute tous les « financiers ».

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Petite leçon de sociologie : le test où l’argent rend indifférent à l’autre.


Les scientifiques sont des gens incroyables !

Ils parviennent à vous mettre quantité de situations en équations.

Ils ont également la faculté époustouflante à mener des expérimentations pour vérifier des théories.

Ainsi, prenez un chercheur en sociologie et des cobayes humains.

Répartissez les cobayes en deux groupes mixtes équilibrés.

Faire compter au groupe A des petits papiers et au groupe B une même quantité mais de papier …monnaie !

Faire ensuite évaluer aux deux groupes une quantité de petits bonbons (de type Smarties ou M&N’s) en leur disant de comparer et classer leurs croquants, leurs goûts et leurs couleurs avec autorisation de goûter à la nourriture autant que de besoin…

Le chercheur et son équipe chronomètrent le temps passé par chacun pour compter les feuillets puis la quantité de bonbons restant dans chacune des coupelles de dégustation.

Il est observé ce qui suit :

En réalité, la première expérience n’avait pas pour but de voir qui comptait le plus vite mais bien de mettre en place les éléments permettant de faire les expérimentions suivantes.

Tout d’abord, les compteurs de billets ont, plus facilement et en plus grande quantité, dégusté les petites douceurs pour effectuer le tri qu’on leur avait demandé…

Mais l’expérience ne s’arrête pas là, elle ne fait que commencer !

Sous un quelconque prétexte, on isole les cobayes des deux groupes et pour chaque personne, on les fait se rendre dans une autres salle.

Pour cela, chaque sujet doit traverser un couloir dans lequel il croise une assistante encombrée de dossiers.

Elle fait tomber son paquetage.

C’est là que le test initial prend tout son sens !

Les compteurs de billets (du groupe B) laissent à une écrasante majorité la pauvre assistante se débrouiller seule alors que les membres du groupe A se proposent de l’aider.

Soyez assurez que ce récit ne relève pas de la fiction, cette expérience est authentique ! Un reportage la relate sur « planet no limit », cette semaine.

D’après les chercheurs, le comportement moins altruiste du groupe B serait dû au fait qu’inconsciemment ses membres estiment être dans un état d’auto-suffisance (comme si le fait d’avoir palpé la monnaie était assimilé à sa possession ?). Étant auto-suffisant, les membres du groupe B supposaient que les « autres » l’étaient aussi, ou pouvaient l’être, sans se rendre compte de bonne foi (non, ils n’étaient pas des monstres d’égoïsme en temps normal) de leur attitude dénuée d’empathie.

Je vous laisse transposer ces comportements-types avec une société « civile » ou « commerciale » dotée de dirigeants généreusement rémunérés …

Etonnant, non ?!

Mamouchka.

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Tétanie, léthargie et litanie …

… nouvelle devise de nos frontons ?

Ma grand’mère s’étonne (au sens littéral du terme) :

  • quand je discute avec mes voisins, je comprends qu’ils ne s’aperçoivent même pas que politiquement, l’heure est grave ! Pourtant, ils suivent, malgré le déluge des dossiers, les derniers développements des scandales politico-financiers !
  • quand j’apprends que des droits durement acquis par ma génération sont bradés par leurs actuels bénéficiaires sous la pression, les menaces et les mensonges de ceux qui leurs enjoignent d’y renoncer, et que les gens acceptent avec l’impression d’avoir sauvé quelque chose !
  • Quand j’entends les difficultés rencontrées par tel ou tel mais qu’ils n’envisagent aucune solution pour les amoindrir ou y remédier,

« je me demande vers quel mur nous allons ! »

Tant de sacrifices dans ma vie pour que mes enfants vivent mieux que moi … pour que la troisième génération abdique et que la quatrième n’en ai même pas le souvenir et s’en moque* !

Décidément, l’adage² expliquant la chute des entreprises familiales s’applique désormais à la société civile !

« Tétanie, léthargie et litanie » est véritablement la devise des citoyens des dictatures.

Là dessus, je reprends la main.

La quatrième génération est encore à l’école …mais quelle école ! Quelle qualité d’enseignement, quel contenu des programmes, quelle exigence de travail envers les élèves ?

La troisième génération est encore dans la « vie active », pas forcément « professionnelle », et la réforme des retraites telles que celle rêvée par nos « élites » va l’obliger à y rester plus longtemps encore …mais dans quelles conditions de santé et de revenus ?

La seconde génération est à la retraite, financièrement à l’abri, ayant connu enfant, les privations de la guerre puis celles de la reconstruction mais ayant bénéficié d’une vie professionnelle dans le bonheur des trente glorieuses.

La première génération compte ses membres sur moins de cinq doigts d’une main … entourée d’affection ou toujours vivante dans le souvenir. L’œil voit ce qu’il peut et l’oreille n’est plus toujours attentive mais ce qu’elle perçoit du monde la désespère. Selon les jours et la santé, l’envie la tient de refaire le monde, houspiller son petit monde, ou se réfugier « ailleurs ».

Ma grand’mère et moi, nous n’aurons pas dû lire les deux derniers suppléments week-end du Monde. Ils sont pourtant excellents, l’un sur les Roms, l’autre sur le « montre mou » (la droite dictatoriale). Ces deux dossiers sont la traduction d’articles et d’entretiens avec des intellectuels italiens. Je vous les recommande vivement. Cependant, choisissez un jour ensoleillé, un jour exempt de mauvaise nouvelle sinon vous risquer la dépression.

Mamouchka.

PS: avec les mécontentements de la rue au sujet des retraites, je me dis qu’en touchant au quotidien immédiat, les gens semblent commencer à réaliser ce qui se passe …encore que ?!

* : ne se soucis pas d’avoir ni le souvenir, ni son contenu !

² : « le grand-père fonde l’entreprise, le fils la développe, le petit-fils la coule ».

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Dossier des retraites : la « propagande » UMP

Devinez ce qui vient de tomber dans ma boite aux lettres ?

Un beau prospectus sur papier glacé, en six pages, façon triptyque, émanant de l’UMP.

Avec le logo bien mis en évidence et un titre des plus outrageusement provocant pour qui connaît le sujet :

« Retraites, une réforme indispensable et juste » …

(Je vous renvoie à la typographie et la police de caractères du tract lui-même.)

J’attire tout particulièrement votre attention sur le fait que la réforme est en cours de discussion au parlement, avec l’ambiance que l’on sait à l’assemblée nationale.

Pourtant l’UMP présente comme votée cette version !

Mais alors, question naïve, à quoi servent les discussions, débats et amendements des représentants du peuple ? A rien ? Sauf à nous faire croire que nous sommes encore en démocratie ?

Pour mémoire, je rappelle que cette méthode a déjà été utilisée et dénoncée lors du lancement du spot publicitaire « spécial retraites » de l’UMP, au début du mois de juillet dernier.

Mais revenons au tract.

Déjà, pour le mot « indispensable », je tique car si le déficit existe, le calendrier de la réforme précédente (2003) prévoyait de revoir le sujet en 2012.

Pour ce qui est de la « justesse » ou la « justice » de la réforme, je tique encore. Il y a matière à contestations que je développerais plus loin.

Le premier point demande « pourquoi faut-il réformer ? ».

La réponse tient en deux points :

  • Parce qu’il y a moins d’actifs pour supporter le financement que de retraités pensionnés qui vivent plus longtemps « et c’est une très bonne nouvelle» (je vous laisse appréciez la lecture novlangue qui inverse toute les valeurs …ce qui laisse également supposé que le système de répartition, basé sur la solidarité inter-générationnelle est « insupportable », au propre comme au figuré).
  • Parce que le déficit a atteint 32 milliards d’Euros et qu’en 2020 il « pourrait » atteindre les 45 milliards. (« pourrait » n’est pas « certitude », surtout dans 10 ans, alors que tout va si vite, pour le meilleur et pour le pire. « pourrait », annonce une menace sourde. Ensuite, la charge financière est un critère comptable pour envisager la réforme, critère utilisé avec les critiques que l’on sait dans la réforme hospitalière, dite de la T2A.

Arrive l’exposé qui pose comme postulat la question du choix entre trois « leviers possibles » pour remédier techniquement au problème :

  • Baisser le montant des pensions « et il n’en est pas question » (ouf, j’avais compris le contraire !)
  • Augmenter les cotisations entrainant mécaniquement une baisse de salaire ( ce qui est électoralement insupportable) ET freinerait la compétitivité des entreprises (corrélation entre la part patronale et la part salariale, induisant aussi l’augmentation des charges sociales relevant en comptabilité des comptes 43 et 645, différentes de la masse salariale relevant des comptes 42 et 641 induisant une augmentation des prix des produits et services à vendre).
  • Il ne reste donc que l’allongement de la période durant laquelle il faut travailler et cotiser, choix déjà retenu par nos voisins européens (c’est bien de copier, mais sur qui ? Selon quel modèle social, selon quelle contrainte – démographique, financière, économique ?) ! Mais que les âmes sensibles se rassurent ! « Nous vivons beaucoup plus longtemps, nous pouvons donc travailler un peu plus longtemps » … Elle est pas belle la vie ? Un si petit effort dans une si longue vie !

Personne ne se demande si ce n’est pas parce que l’on part à 60 ans que l’on vit mieux et plus vieux qu’ailleurs ! Notez au passage que concernant les trois leviers , nous y aboutirons de toute façon !

Il s’ensuit le dogme « simple et de bon sens » (sic) :

le problème est démographique, sa solution aussi.

Comme nous vivons plus, nous travaillerons d’autant !

Malheureusement, le dossier des retraites n’est pas qu’un soucis comptable (sous réserve qu’en plus ses recettes ne soient pas réduites) il relève du projet politique et de la place des aînés dans le groupe.

Faut-il que chacun vive à coté de l’autre sans s’en soucier, quel que soit son âge ou sa situation ? La notion d’entr’aide, de solidarité de voisinage ou de génération n’ont pas été déployées lors de la canicule de 2003. Nous avons tout de suite constaté les effets désastreux de ce manque d’attention : la surmortalité des anciens les plus fragiles et isolés.

Les pages suivantes développent les thèmes repris ci-dessous :

Relever l’âge de départ

A compter du 1er juillet, il faudra ajouter 4 mois d’activité supplémentaires avant de partir à la retraite, jusqu’à ce qu’en 2018 arrive les 62 ans exigés. Il y a donc une progression. A chaque année de naissance, son fardeau supplémentaire … Quand on connaît la difficulté des quinquagénaires à conserver un poste selon leurs compétences et leur carrière, il est facile de constaté qu’une économie supplémentaire de cotisations va se faire sur leur dos.

Plus de justice

« Le dispositif carrières longues, jusqu’à présent réservé à ceux qui ont travaillé dès 16 ans sera étendu à ceux qui ont débuté à 17 ans » . J’avoue que la phrase me laisse grandement perplexe car elle sous-entend qu’un apprenti ayant débuté (à la suite d’un quelconque problème de parcours de formation ) avec un an de décalage ne bénéficie pas de cette amélioration ? J’aimerai bien que des informations me soient fournies ! Combien de personnes ce dispositif vise-t-il ?

Et puis, un droit nouveau est créé avec la prise en compte de la « pénibilité », sans équivalent en Europe … Vraiment, nos dirigeants prennent bien soin de nous !

« cette mesure est sans équivalent » : c’est vrai ! Les autres pays, comme nous jusqu’à maintenant, disposent de conventions collectives qui reconnaissent d’emblée à des professions le caractère pénible ou invalidant, parfois directement selon les critères de l’O.I.T (organisation international du travail, classement par pays ), Désormais, avec la réforme, nous n’aurons plus cette reconnaissance générale. Il faudra faire reconnaître son handicap pour motif professionnel (à ne pas confondre avec la maladie professionnelle qui apparaît souvent après l’activité …) auprès de ce qui restera de la médecine du travail, si la réforme qui la vise, « aboutit à la situation en vigueur sous Vichy » selon le témoignage du président de la profession, à l’émission « le magasine de la santé » de cette quinzaine du mois.

Améliorer l’emploi des seniors

Augmenter « l’âge légal permettra d’améliorer le taux d’emploi des seniors». C’est un axiome … le tract s’arrête là. Le manque d’inspiration, je ne vois que cela.

Malgré tout, si cela ne marche pas, la réforme dispose d’une incitation supplémentaire : l’aide (donc entendez « allègement de charges », à l’efficacité douteuse déjà relevée par la cour des comptes en février 2009 : Les allègements et exonérations de charges sociales ) à l’embauche, d’une durée d’un an pour les entreprises recrutant un chômeur de plus de 55 ans.

Il y aura également l’incitation au tutorat, sans que le tract ne fasse d’autre développement.

Public/privé : plus d’équité

En dépit des spécificités et des exigences de certaines professions « publiques », tout le monde devra faire l’effort de travailler plus longtemps. C’est la fin de la retraite anticipée pour les militaires et les policiers de 50 à 55 ans. C’est bien dommage d’avoir cité ces métiers-là, parce que d’un point de vue pratique, il faut une condition physique particulière !

Le taux de cotisation (part salariale) sera relevé de 7,85 à 10,55%, sur 10 ans. Cela revient à dire que le salaire net du fonctionnaire sera progressivement amputé par le prélèvement social. Il s’agit donc d’une réduction de salaire « pour la bonne cause (?!) ». S’il est vrai que les fonctionnaires cotisent moins, profitent de la solidarité de la caisse des salariés du privé pour toucher leur pension quand la caisse de l’Etat peine à trouver les fonds (cf. rapport de la Cour des comptes en 2004 ), je voudrait bien connaître la part des « petits salaires » (pour cause de diverses primes non réintégrées dans le calcul des points) et leur montant moyen par rapport à ceux du privé. Parce que pour ce qui est de rémunérer ses salariés, l’Etat, ses entreprises (la Poste, la SNCF, le milieu hospitalier et la recherche) et les collectivités locales sont particulièrement négligents. Je ne compte plus le nombre de témoignages sur les contrats à temps partiel, pas toujours choisis, ou les contrats à durée déterminée empilés des dizaines d’années durant dans le seul but de ne pas titulariser les agents (encore un exemple récent dans la presse). La présentation par ce tract de cette réforme des retraites en évoquant l’équité, alors qu’elle « tire vers le bas » et accroit les inégalités, m’inquiète particulièrement pour l’avenir et pour le signal qu’elle donne aux dirigeants des entreprises.

Cette inquiétude se renforce à la lecture de la disparition annoncée du dispositif de départ anticipé sans condition d’âge pour les parents de 3 enfants ayant 15 ans d’ancienneté. Si nous ne sommes pas forcés d’apprécier ce régime de « faveur », sa disparition va encore dans le sens de la remise en cause d’une politique « nataliste », reconnue comme favorable à la consommation des ménages, au soutien du renouvellement des générations … et des cotisants. De plus, il renforcera à terme la précarité des femmes qui connaissent une carrière avec des « trous », des temps de travail rarement à horaires pleins, sans oublier les inégalités de salaires (malgré les grilles) avec leurs collègues masculins et les pensions de réversion. Cette remise en cause a été justifiée par le premier ministre lui-même par le fait que « le choix d’avoir des enfants suspend le temps de cotisation. Ce défaut de cotisation temporaire ne doit pas être pris en charge par les autres salariés » (c’est à dire les hommes en général, les pères en particulier … de la goujaterie doublée d’un refus de mutualisation du financement !).

Et pourquoi ne pas remettre à plat les régimes présentés comme « indus » par Philippe Seguin dans le N° 1839 du point du 13 Décembre 2007 p.85 ? Cela constituerait véritablement un exemple de pure équité !

Davantage de solidarité

« Les mécanismes de solidarité seront renforcés » … Pour les femmes, les indemnités journalières de congé maternité seront comptés dans les revenus pour la retraite. C’est un superbe mélange des genres ! Tout ce qui relève des indemnisations constitue le « secours » et non pas une rémunération en contrepartie d’un travail. Cet amalgame avait déjà fait l’objet d’une controverse il y a quelques années au sujet des indemnités (chômage ou maladie) imposables.

Les jeunes « précaires » se verront attribués 6 trimestres d’activité en cas de chômage non indemnisé, contre 4 actuellement. Sans doute, mais qu’est-ce qu’être précaire ? Est-ce un chômeur n’ayant jamais travaillé, ou un peu, un certain temps ? Aucune précision !

Toujours ce même flou lorsqu’il s’agit de « faciliter l’accès » au minimum vieillesse aux agriculteurs. Parce qu’en tant que telle, cette appellation n’existe plus depuis 2007 ! Ensuite, l’accès à ce secours réformé en 2007 est déjà ouvert à tous !

Enfin, le cas des poly-pensionnés dont le sort ne serait pas enviable et pour lesquels, « le gouvernement s’engage à améliorer les conditions » …

Mieux informer pour choisir

Les nouveaux cotisants auront un livret d’information :

Cela risque de casser l’enthousiasme du jeune actif qui voit déjà ce qu’il l’attend …

Dès 45 ans, un point sera fait pour que le cotisant sache où il en est :

A croire que l’on est déjà vieux … donc licenciable à cet âge ! C’est aussi une incitation à se tourner vers les assurances privées via le PERCO et autres pour essayer d’améliorer la pension avec une rente ou un capital. C’est de l’incitation pure et dure à passer au régime de capitalisation et les compagnies privées des assurances en tout genre.

Parce qu’à partir de cet âge, selon le calcul de certains, la maison est payée et les enfants ne sont presque plus à charge ?!

A tout moment, il sera possible de faire un relevé de carrière sur internet :

Afin, sans doute de mieux « piloter à vue » l’auto-financement de ses vieux jours, comme d’autres surveillent au jour le jour les cours de la bourse pour leur portefeuille de valeurs financières ?!

Assurer le financement

Fiscalisation renforcée sur la tranche marginale de l’IRPP + 1% ! soit un taux de 41% à prévoir dès que l’on passe les 65000 € environs …

Quant aux stock-options (déjà taxée depuis « peu ») les pourcentages seront réévalués, sans précision.

Concernant les retraites-chapeaux (financées par l’employeur sans aucune cotisation de la part de « l’employé ») une contribution sociale sera portée à 14%, à la charge du bénéficiaire. Mais la mesure est-elle pertinente ou efficace sachant qu’un décret a décidé de leur suppression dans les secteurs aidés par l’Etat pour faire face à la crise née des subprimes, jusqu’en 2010 ?! La taxation à 14% est-elle également efficace pour décourager le système ?

Concernant les revenus du « capital » , le PLF (prélèvement forfaitaire, CSG et CRDS ) sera augmenté de 1%, ce qui lui fera passer le cap des 31% …

Les dividendes seront également touchés, sans précision, dans le cadre de l’IRPP, en contradiction avec le système du PLF … Ce qui avantage encore ceux qui sont plus lourdement imposés (plus de 30% pour le taux marginal d’imposition).

Enfin, les plus-values de cession de valeurs mobilières de placement seront taxées dès le premier Euro, fini l’abattement.

Concernant les niches sociales des entreprises, il y aura un forfait calculé annuellement.

Cela nous est présenté comme une avancée de l’équité entre les entreprises. Désolée, mais là, c’est se moquer du monde ! Comment parler d’équité quand les plus grandes entreprises sont connues pour être les championnes de l’évasion fiscale ?!

Quoi qu’il en soit, ces prélèvements sur « les riches » se feront hors bouclier fiscal … Est-ce le signe que le financement est tendu et que tout le monde fait des efforts, chacun à sa mesure ? Je n’en suis pas persuadée .

Donner confiance aux Français

J’ai cru que j’allais lire des arguments de réconfort … et je ne lis que des chiffres expliquant comment le déficit du régime des retraites sera enfin comblé en 2018 !

J’ignorais que l’argent avait cet effet là en cas de déficit !

Ce que la réforme va changer pour eux (6 exemples personnalisés)

Je constate qu’il y a un bel éventail de cas pour les âges mais pour les cursus de formations il y a un gros problème : je ne vois pas de diplôme d’études longues ! Jugez par vous même :

Un agent commercial de 60 ans, un cadre supérieur de 52 ans, une ouvrière de 56 ans, un boulanger de 48 ans, une « agent des impôts » de 26 ans et un mécanicien de 25 ans …

C’est bien embêtant parce que pour les emplois cités en référence, à en croire le tract, tout n’est pas si terrible !

Par contre, ne pas citer des cas de diplômés me laisse à penser que la réforme leur est défavorable en l’état et qu’il sera nécessaire à ces salariés de recourir à un régime complémentaire de pension … et cela remet en cause la structure de la retraite par répartition au profit de celle par capitalisation, accessible aux seuls « hauts revenus » …

La dernière page, saturée par la couleur rose, est exclusivement consacrée aux « mensonges du PS ».

la tête d’un jeune aux cheveux fixés par le gèle, avec une main brandie, sans doute pour nous en protéger (genre « touche pas à mon pote »). La physionomie du visage me renvoie à l’expression « tête à claques » …

Le contenu des critiques vise le parti socialiste « intuitu personnae » et non le contenu de ses propositions. A défaut de débat, je ne me joindrais pas à ces attaques qui pour certaines, me paraissent particulièrement malveillantes.

Mamouchka.

Pour aller plus loin dans le débat :

Le cas des Pays-bas :

http://www.metiseurope.eu/les-pays-bas-en-plein-debat-sur-penibilite-et-age-de-la-retraite_fr_70_art_28801.html

la notion de travail :

http://droit.univ-lille2.fr/enseignants/villalba/cours_PSC/Psc_chap_Travail.htm

Après les médecins du travail, les inspecteurs du travail :

http://sudtravail.joueb.com/news/quelle-inspection-du-travail

La souffrance au travail :

http://alain.laurent-faucon.over-blog.com/article-14083928.html

Ce que propose le PS :

http://www.parti-socialiste.fr/retraites

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« Si tu ne va pas à la laitière, la laitière ira à toi ! »

Depuis plusieurs mois déjà, se tient sur le parking d’une grande surface, une guérite de style chalet suisse. La cabane propose une vente directe, en libre service (24/24h et 7/7j) de lait cru et frais… « Du pis au réfrigérateur » sans intermédiaire …

La curiosité m’a fait tourner autour de la boutique, plusieurs fois. Je suis tentée par l’expérience.

Finalement, je me suis décidée et je suis passée à l’acte !

Ravie de mon entremet au lait entier en provenance directe de la ferme, quinze jours auparavant, je tente de renouveler mon expérience culinaire.

Le chalet est composé en 3 compartiments.

Le premier propose des bouteilles en plastique ou en verre d’un ou 2 litres. (20 cts le flacon plastique d’un litre). Pour acheter le bidon, le distributeur fonctionne comme une borne de boissons-friandises.

Le deuxième, prévoit aussi une borne de monnaie et le choix du volume à acheter ( de 20 cl à 2 litres) et les boutons « marche » et « arrêt » pour la distribution du lait.

Enfin, le troisième, contient le « tank à lait » réfrigéré à 4°c maximum et un guichet qui permet de positionner la bouteille (la vôtre ou celle achetée dans la première borne) pour la livraison.

C’est parce que j’appuie sur le bouton « marche » que la distribution débute, pour le montant acquitté. Je referme le guichet et je repars avec mon litre de lait, pour 1,20€ lait et flacon.

De retour en cuisine, ébullition de rigueur avec mon anti-monte-lait breveté SGDG puis entremet.

Me voici conquise par cette invention écoulant sans intermédiaire, la production laitière.

Mais je m’interroge sur le prix de revient de l’opération, les frais d’exploitation, bref, la rentabilité.

Parce que sur l’euro versé pour un litre, combien faut-il retirer :

  • pour louer l’emplacement sur le parking du magasin
  • pour louer ou amortir le chalet et la machine à réfrigérer
  • pour le transport quotidien du lait
  • pour nettoyer le tank à lait mis dans le distributeur

Je me demande cependant comment est garanti le lait (débitmètre homologué, qualité bactériologique, contrôle biologique, …) au consommateur.

A défaut de réponse, je trouve l’idée intéressante et sans doute bonne à développer.

Un seul regret, il faut bien être grincheux après tant d’éloge, celui de l’absence de rendu de monnaie …

J’ai cherché à connaître l’exploitant mais son site et peu disert sur le sujet, je vais devoir les contacter par téléphone. Par contre vous saurez tout sur le concepteur du distributeur réfrigéré.

Mamouchka.

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Ma grand’mère, le communautarisme et autre tribalisme moderne.

« affiche ton appartenance et tu deviendras une proie facile pour :
  • les directeurs de conscience autoproclamés
  • les haineux désignant le groupe à la vindicte populaire.
La stigmatisation entraîne la réclusion communautaire et l’exclusion de l’Humanité. »
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Ma grand’mère et la titrisation

« Titrise ma dette et tu ”subprimeras” ton secteur économique ! »

C’est le cri du coeur de ma grand’mère à l’annonce d’une « facilité » ouverte aux banques pour financer les Partenariats Privé-Public, fin juillet 2010.

Malheureusement, cette méthode pollue l’ensemble de l’économie. Elle échappe à l’autorité du code civil qui, dès l’origine, préférait la fiducie ( sorte de structure de « défaisance » ) et organisait sa traçabilité.


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Gros plan sur « Le lien social »

J’achève à l’instant la lecture d’un ouvrage  intitulé  « le lien social »  de  Serge Paugam, paru dans la Collection « Que sais-je ? »,  aux éditions des P.U.F , pour 9 €.

Je le trouve particulièrement éclairant sur les dysfonctionnements de notre époque.

Je vous en livre la fiche de lecture suivante :

La notion de « lien social » est citée par opposition à celle de « l’individualisme ».

Le « lien social » est aussi associé à la notion de « société ».

S’intéresser à la société, c’est évaluer l’individu par rapport à ses groupes d’appartenance et à l’évolution de fond de la société.

En évoquant la « société » on débouche sur celle de « lien social » accompagné des mots « crise, renouer les liens…etc ».

D’ailleurs, le fait de parler de « crise » montre que quelque chose bouge, évolue, se modifie dans la société, justement. Parce que la ville évolue, la société aussi et à l’impression de voir la ville s’ouvrir (plus de monde, de tous horizon et de toute condition) la société, elle, se ferme ( demande de plus d’autorité, plus de surveillance policière, plus de contrôle social).

Or, une société humaine ne peut en aucun cas exister sans solidarité entre ses membres.

Chap1: L’interrogation sociologique

Les spécialistes de l’étude de la société travaillent sur deux notions :

La solidarité organique (née de la complémentarité des tâches du travail) et la solidarité mécanique (issue du clan).

Ces deux notions, basées sur les travaux de Durkeim, sont les fondements de la société républicaine du 19 et 20ème siècle, en France, avec pour conséquence « l’état social ».

Le fondement du lien social est la complémentarité des hommes au travail. C’est la division des tâches du travail qui permet cette nouvelle solidarité organique. En conséquence, la solidarité mécanique du clan, de la famille ou du village s’estompe, remplacée par cette nouvelle solidarité.

Tableau page 16.

De fait, nous avons un empilement de solidarités au fur et à mesure de l’évolution et la complexité/complexification de la société, un peu comme le cerveau humain à 3 étages (hypophyse, cerveau reptilien, cervelet).

Le paradoxe est que plus les tâches se divisent et se complexifient, plus les individus sont dépendants les uns des autres et organisent de nouveaux liens de solidarités alors qu’on aurait pu croire que l’hyperspécialisation retrancherait chacun derrière métier.

Le droit suit cette évolution avec la montée en puissance du droit restrictif (droit civil, commercial, administratif …) alors que le droit répressif (droit pénal) évolue peu.

Comme tout le monde dépend de « l’autre », il faut faire attention à chacun. De cette coopération et complémentarité naît la reconnaissance sociale pour la participation à la production économique.

La multiplication des liens ne ramollit pas chacun des liens. La multiplication fait la force car l’individu qui les a tissé est unique et non plus « interchangeable » comme à l’époque des liens mécaniques.

La première limite du système est que dans ce monde bien huilé (chacun sa fonction et sa place, choisie et spécialisée selon la personnalité unique), l’arrivée de gens aux valeurs et références différentes va être difficile à intégrer (migrants de tous horizons).

La deuxième limite est que tout repose sur le lien initial du travail. Le lien économique prime sur les autres. S’il se rompt, tout le reste s’effiloche plus ou moins rapidement.

Donc, dans la solidarité organique, l’individu mène sa vie, tisse des liens qui « l’enrichissent » de nouvelles compétences dont bénéficie l’ensemble du corps social. Tout est beau dans le meilleur des monde.

Sauf qu’il existe des dysfonctionnements, passés en revue.

Premier souci : l’anomie.

Lors de faillite d’entreprise ou de crise économique on observe soit une trop grande division du travail qui rend l’activité sans intérêt, soit une absence de travail. La fonction de chacun perd tout intérêt, chaque opérateur devenant interchangeable.

Deuxième souci : l’insatisfaction au travail.

Si les gens subissent leur travail sans choix de la fonction, s’ils sont bloqués dans l’évolution professionnelle, alors le sentiment d’injustice rend la situation inacceptable et provoque des rejets et de l’agressivité.

Troisième souci : l’intermittence du travail pourvoyeur de reconnaissance sociale.

L’intermittence empêche le tissage de liens car on a pas le temps d’être connu à sa juste valeur.

L’auteur fait alors observer que ces dysfonctionnements deviennent la norme. C’est là qu’est le vrai problème ! C’est aussi le signe que le monde a changé.

Pour Durkeim, face aux « dysfonctionnements » il existe des solutions : la mise en place de règles, fixées par le pouvoir politique ou par le groupement professionnel (syndical ou corporatiste).

La montée en puissance de l’Etat est le corrolaire de la modernisation de la société. Le remettre en cause c’est détricoter la société et ses liens. Le rôle de l’Etat est de fixer des règles supportables pour tous : autorité morale, autorité éducative.

Chp 2 : Solidarisme et lien social

A rendre tout le monde solidaire pour le travail à faire entraine une solidarité hors le travail, face aux risques de la vie (santé, travail, retraite …). L’ensemble du groupe a intérêt à soutenir l’ensemble de ses membres.

Cela sera profitable aux plus démunis. Il faut des règles générales pour le bien être de tous. C’est la notion d’intérêt général et d’universalisme .

Nous passons ainsi de la notion de lien social à celle de solidarité. Cette évolution s’est traduite par l’accès au pouvoir de Léon Bourgeois et l’intégration en droit français des lois sur la protection sociale.

Selon ce système, nous sommes tous créanciers et débiteurs envers les autres, à titre individuel et collectif pour le passé, le présent et l’avenir. C’est la notion d’intergénération, comme l’évoque aussi A. Supiot dans son livre « l’esprit de Philadelphie » page 160 et suivantes.

Il faut mutualiser les risques sans pour autant instaurer le collectivisme. La mutualisation des risques permet de dégager de l’énergie et des moyens pour des prises de risques dans d’autres domaines.

L’idéal est d’instaurer un système de type nordique pour trois raisons :

  • vivre en société ce n’est pas vivre les uns à coté des autres mais vivre avec les autres. Cela développe la conscience sociale débouchant sur l’unité nationale.

  • Rechercher la démarchandisation de l’humain fait que le montant cotisé n’est plus la référence à la solidarité reçue.

  • La notion de citoyenneté s’enrichit du volet « social ».

Cette protection générale de tous pour tous permet à chacun de faire plus de liens mais aussi d’être plus attaché à la société elle-même pour les avantages qu’elle dispense, à moindre frais.

Chp 3  : Du lien social aux liens sociaux

Le lien social permet les liens sociaux mais il ne faut pas se tromper devant la pluralité des liens. Il en existe de deux sortes : les liens concentriques (autonomie restreinte pour un individu à l’autonomie limitée autour du clan, village, pays) et les liens juxtaposés (où l’individu est le seul point commun à divers groupes avec lesquels il tisse des liens).

La juxtaposition des liens permet la mouvance et l’ajustement.

Elias, lui, fait évoluer la formation des liens par les émotions. Il explique qu’avec l’évolution de la société nous sommes passé de la répression du groupe sur l’individu à l’autocontrôle ou autocensure.

Il préfère également l’image du tissu pour parler du schéma des liens pour mieux expliquer la juxtaposition. De la sorte, il est plus facile d’expliquer certains problèmes ou dysfonctionnements. De plus, avec la notion d’émotion il devient facile de comprendre la notion du « nous » dans un discours sur un groupe dans lequel l’individu est partie prenante ou non, via la symbolique des emblèmes.

L’émotion et l’affectif permettent enfin de mieux comprendre l’effilochage et les déséquilibres engendrés par la rupture d’un des liens.

C’est là que s’articule la notion de protection avec celle de la reconnaissance (conformité d’action à la pensée du groupe pour ne pas subir la réprobation et donc espérer la reconnaissance) pour expliquer la formation du lien.

« Compter sur » vaut « protection » de l’individu face aux aleas de la vie grâce à ses liens.

« Compter pour » vaut « reconnaissance sociale », regard favorable du groupe sur l’individu.

C’est là qu’entre en jeu le « nous ».

Il se retrouve dans les différents types de liens (filiation, affinité élective, lien organique, citoyenneté). Un tableau, page 64, le résume.

Ces liens contiennent deux aspects : la protection et la reconnaissance.

Le lien organique est à la base de tous les autres. Il induit celui de citoyenneté. Cette source unique est un problème : il faut avoir du travail pour être.

Aujourd’hui, des comportements analysés comme des dysfonctionnements deviennent la norme : le management « agressif », les flux tendus de marchandises, les révolutions technologiques.

La citoyenneté vise à rendre égaux en droits et prétend un traitement équivalent pour tous, avec les droits civils, politiques, sociaux.

La souveraineté du citoyen révèle la notion de reconnaissance et l’égalité démocratique démontre la protection via l’éducation et le secours.

Tout bascule si la reconnaissance de la citoyenneté devient à géométrie variable.

Chp 4 Fragilités et ruptures

A force d’être libéré des contraintes grâce à la multiplication des liens, certains viennent à penser que l’individu est fort par lui-même. Du coup, ils veulent réduire les protections. Sauf que l’abaissement de la protection entraine celle de la reconnaissance. C’est également l’amoindrissement de l’Etat garant de l’éthique qui alimente chaque groupe et chaque lien. Puisque tout tient à partir du travail, un dysfonctionnement devenu la norme entraine une crise salariale. L’insécurité gagne la population active alors que c’est elle qui auparavant disposait de la sécurité.

La solidarité laisse la place à l’assistanat avec la notion de coût et une vision dévalorisante.

Cela entraine l’effilochage du tissu social, comme le montre le tableau page 89.

L’auteur observe que pour faire face efficacement, tout se joue dans le lien de filiation, seul capable de développer et encourager la confiance en soi et la capacité à créer du lien. L’école n’aide pas et de plus en plus fige les situations.

Même le travail qualifié est dégradé, perd de sa reconnaissance.

Chp 5 les nouveaux défits

Rien de neuf !

Il faut refaire le lien social qui est détricoté en France depuis la fin des années 1990.

Il faut favoriser l’universalisme.

Il faut revoir la protection et la reconnaissance au travers du travail et de l’Etat …

Etonnant, non !?

Mamouchka.

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