Le salaire de la honte

La rémunération, lorsqu’elle devient exceptionnelle devient vite suspecte.

JP Morgan, fondateur de l’établissement du même nom, expliquait à qui le lui demandait son « truc » pour apprécier le sérieux d’un emprunteur : il veillait à ce que le salaire du patron n’excédât point de 20 fois la plus basse des rémunérations pratiquées dans l’entreprise…

 

Certaines professions justifient leurs gains par la pénibilité, les conditions extrêmes, la trop courte période de vie professionnelle… Mais cela n’est pas exact.

Il manque le critère de « rareté » des personnes maîtrisant le savoir-faire et la manne qui peut se déverser sur ceux qui financent les opérations.

Ainsi, les personnels des plates-formes pétrolières de haute mer, ceux évoluant sous des climats (grands froids/fortes chaleurs) ou dans des contrées hostiles (zones de guerre) vivent à l’aise.

Dans ces cas, l’exception souligne le « hors norme ».

 

Mais que faut-il penser des transporteurs de fonds, des vigiles, des équipes de maintenance (parfois en sous-traitance) au contact de produits dangereux, des personnels de santé en sous effectifs ?… Hélas pour eux, ils ne constituent pas l’élément clef de l’enrichissement prodigieux de leur employeur…

 

J.K. Galbraith disait qu’avec l’arrivée des « fonds » dans le cercle des actionnaires majoritaires, les rémunérations des « patrons-salariés » avaient explosés…en contrepartie d’un « sale boulot » : multiplier par 2 la rentabilité des sites de production en mécanisant ou en diminuant la masse salariale (via les délocalisations pour une main d’œuvre à « bon prix ») et en externalisant nombres de charges jusqu’alors effectuées en « interne ».

 

Revenons donc aux fondements de l’élévation d’une rémunération :

la charge de travail, la prise de risque pour soi et l’activité économique (avec en contrepartie le départ brutal en cas de chute, sans parachute, justement !).

Bref, la responsabilité prise ! Et cette fois, une responsabilité universellement partagée et non pas réservée aux seuls sous-fifres…

 

Mamouchka.

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