Dossier des retraites : travaux d’une fédération

REFORME DES RETRAITES

Je remercie des contacts de m’avoir fourni le résultat de leurs travaux afin de le publier.
Un ouvrage a particulièrement nourri leurs réflexions :  » La réforme des retraites » de Bruno Parlier, collection « que sais-je, édition PUF.
Voici leur point de vue :

1 – La réforme est indispensable

En Europe, la population vieillit (papy-boom + baisse de la natalité + augmentation de l’espérance de vie), mais les projections restent incertaines (incertitudes sur la natalité, l’immigration).

La France est la moins touchée par ce phénomène du fait du taux de fécondité établit autour de 2,1.

Les systèmes par répartition sont les plus touchés par la dégradation du ratio de dépendance démographique ( nombre d’actifs pour financer un retraité). Il est donc inévitable de procéder à une réforme de l’ensemble des systèmes de retraite. Cependant, nous souhaitons que la réforme vise le long terme, contrairement à ce qui a été le cas depuis une trentaine d’années et qui constitue l’une des raisons de départs massifs avant toute nouvelle réforme. Les Français ont besoin de connaître les règles qui seront utilisées pour l’évolution des retraites à chaque fois qu’il faudra procéder à des ajustements.

Il est possible d’augmenter, à terme, le poids de la population active par rapport aux retraités, en poursuivant une politique de natalité volontariste (permettant en particulier aux mères de travailler) et en l’adaptant à l’évolution de la société nous semble indispensable si on veut préserver les retraites par répartition.

2 – Nous voulons sauver le système par répartition

Les actifs cotisent pour les pensions en cours :

– Ils doivent donc être nombreux pour que leur taux de cotisation soit supportable !

-Il faut qu’ils soient bien rémunérés pour que toutes les tranches de prélèvement abondent utilement les caisses de retraite ;

Par ailleurs, la productivité a augmenté (115 en France pour une base 100 dans l’UE) mais la valeur ajoutée est réservée aux revenus du capital. Les bénéfices ne supportent pas la charge des pensions, alors qu’ils viennent aussi du travail. Il faut donc affecter une part de ces revenus au financement des pensions.

3 – Refuser la baisse des pensions

Un niveau de retraite suffisant permet l’autonomie et la dignité des pensionnés. Il évite également un déséquilibre d’autres caisses (santé, solidarité…).

Il est également source de croissance économique par le maintient de la consommation des ménages.

Cependant, les privilèges liés à certains régimes sont injustes pour une population qui doit subir des restrictions, surtout si ces avantages bénéficient à un faible pourcentage de la population (retraite des élus, grands corps de l’état, régimes spéciaux…) pas toujours justifiés en termes de pénibilités ou de conditions de cotisations versées.

4 – Un juste rééquilibrage financier

L’équilibre des comptes est nécessaire, ce qui implique la réduction des dépenses et/ou l’augmentation des recettes. Nous proposons que l’effort d’augmentation des ressources soit lié essentiellement à une politique active de l’emploi et non au recul de l’âge légal de la retraite, insupportable pour les métiers usant (troubles squeletto-musculaires), les mères de famille, les seniors licenciés à 50 ans…

Le choix dans ce domaine est politique : dans une politique humaniste, la solidarité des plus riches doit permettre aux plus pauvres de subsister dignement.

Nous proposons que la retraite par répartition, en raison du vieillissement de la population, soit complétée par une capitalisation qui préserve notre modèle social, obligatoire par prélèvement sur les revenus à partir d’un certain seuil et selon certaines tranches. Cette capitalisation serait gérée par un organisme public contrôlé par les partenaires sociaux. Une part  de cette capitalisation serait réservée à la solidarité envers les revenus les plus faibles, dispensés d’y participer. (cf. modèle suédois)

5 – Rééquilibrer le nombre d’actifs par rapport au nombre de pensionnés

Il faut lutter contre la délocalisation en privilégiant différentes mesures nationales et européennes :

-améliorer le taux d’emploi des seniors, mais aussi des jeunes en améliorant l’adéquation emploi-formation avec une meilleure orientation des jeunes, en développant la formation tout au long de la vie, en préservant la santé des salariés par une réorganisation du monde du travail ;

-développer les métiers d’avenir (nouvelles technologies, sciences du vivant, nano-technologies, énergies renouvelables…), favoriser la R&D et promouvoir les productions innovantes, avoir une politique industrielle basée sur la qualité des produits et non sur leur prix de revient (des machines à laver françaises, mais plus performantes, plus écologiques, plus… que les machines fabriquées dans des entreprises délocalisées) ;

Au niveau européen :

-peser sur les négociations OMC et FMI afin de proposer un autre modèle économique et financier que celui actuellement en vigueur, ultra-libéral;

– harmoniser progressivement la législation européenne en matière de droit du travail et   droit fiscal pour éviter le dumping social. Un livre vert d’une vingtaine de pages a été réalisé par la Commission (Livre Blanc à suivre) : le problème des retraites n’est pas spécifique à la France.

De la sorte, le chômage peut être combattu. La progression du taux d’emploi, la création d’emplois mieux rémunérés grâce à une meilleure redistribution des profits résoudra le problème du règlement des pensions.

6 – Et donc la question centrale est celle du travail

On ne peut dissocier le maintien du niveau des pensions de retraite d’une politique visant à développer l’emploi des jeunes. On constate en effet que les suppressions d’emplois de seniors en France ne sont pas compensées par une amélioration du taux d’emploi des jeunes. En effet, les emplois libérés sont compensés par une augmentation de la productivité des salariés restants et/ou une délocalisation d’une partie de la production. En outre, les jeunes sont plus touchés que les seniors par la pauvreté ou le risque de pauvreté. Pour éviter une fracture sociale, on ne peut soutenir les retraités sans organiser en même temps l’avenir des plus jeunes.

Par ailleurs, nous considérons que les mères de familles qui n’ont pas interrompu leur activité professionnelle pour élever leurs enfants doivent pouvoir prendre leur retraite à taux plein dès 60 ans.

Il faut actualiser les régimes spéciaux en renégociant les conditions de travail, les profils de carrière, les rémunération avec ou sans primes, les pourcentages de prélèvements sociaux, le droit du travail (CDD d’un jour à la Poste !!!!) pour une société plus juste et des règles plus transparentes !

7 – Prendre en compte la pénibilité du travail

Outre le fait que la pénibilité ne peut être individuelle et du seul ressort de la médecine du travail, qu’elle doit s’évaluer en fonction de l’espérance de vie (recours aux statistiques et analyses fines), on peut prévoir, pour les seniors qui le souhaitent, un droit à  la réorientation de la carrière, à une sortie progressive de la vie active à partir de l’âge légal de départ à la retraite…

MD, MTh, MJ, EA.

Je me permets un commentaire tout personnel :
« Fontem pensionis delenda est »

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